Chronologie
Revolver a été enregistré du 6
avril au 15 juin 1966 au studio n°3 de EMI. Il est ensuite
paru le 5 août 1966. Il se positionne donc entre Rubber
Soul (1965) et Sergeant Pepper's Lonely Heart Club Band
(1967).
Le disque en trois morceaux
Taxman
Pour la première fois c'est une chanson de George Harrison
qui ouvre un album des Beatles. Il en profite pour régler
ses comptes avec son percepteur qui lui tond la laine sur le
dos. Il lui reproche de "lui prendre 19 et de ne lui
laisser que 1" (Georges était imposé au
taux maximal). Comme c'est le cas sur tout l'album le son des
guitares est génial.
And your bird can sing
Une chanson de John Lennon, visiblement de bonne humeur ce
jour là. On dirait presque du Paul Mc Cartney. Les guitare
et les voix sont magnifiques. C'est une des meilleurs chansons
anti-stress que je connaisse.
Dr Robert
John Lennon s'attaque au délicat problème de
la santé publique. Quel que soit votre mal, allez donc
voir le Dr Robert et il vous prescrira une de ses pilules miracles.
Fermons les yeux pudiquement sur ce praticien "non conventionné"
et écoutons plutôt les superbes parties de guitare.
Revolver est un disque qu'on ne peut pas résumer
en seulement trois morceaux. Il est génial de bout en
bout. Mentionnons quand-même, en plus des trois morceaux
ci-dessus, For no one et Here, There and Everywhere
qui sont peut-être les plus belles ballades jamais écrites
par Paul Mc Cartney, Love You To dans laquelle Gorge Harisson
prouve que sa connaissance de la musique indienne n'est pas de
la frime, et I'm only sleeping avec son ambiance psychédélique
déjantée.
Pourquoi j'aime ce disque
Avec le recul, Revolver est probablement le meilleur
album des Beatles. C'est la suite logique de Rubber Soul,
et pourtant il a surpris pas mal de monde lors de sa sortie.
Sergeant Pepper continuera lui aussi à évoluer
dans la même direction, mais il lui manquera le grain de
folie qui fait la différence entre un grand disque et
un chef d'uvre
Sons de guitares saturés, bandes enregistrées
à l'envers, ambiances indiennes, paroles à double
sens, Revolver est indiscutablement un disque de la fin
des années soixante, l'équivalent britannique de
ce qui se faisait à l'époque autour de la baie
de San Francisco.
Si vous aimez les sixties vous ne pourrez plus vous passer
de Revolver. Si au contraire vous êtes allergique
à cette période le disque vous semblera atrocement
vieux.
Sur le 33 tours original
Au verso de la pochette du 33 tours figurait une photographie
en noir et blanc des Beatles. Pour la réédition
en CD elle a été coupée en trois et recadrée.
Voici la version originale.

Pour la petite histoire...
L'assemblage de photographies en noir et blanc et de dessins
constituant la pochette a été réalisé
par Klaus Voorman, un bassiste Allemand ami des Beatles.
Deux mois avant la parution de cet album les Beatles ont sorti
un 45 tours dont les chansons auraient pu figurer sur Revolver
: Paperback writer / Rain.
Paperback writer, composée par Paul McCartney,
est une chanson pop qui déménage. La partie de
basse et le riff de guitare (toujours Paul) sont géniaux.
Rain, composée par John Lennon, est un morceau
psychédélique d'inspiration indienne.
Sur le volume n° 2 de l'anthologie Beatles on trouve
des versions alternatives de plusieurs titres de Revolver.
Il y a, par exemple, une version défoncée de Tomorrow
never knows, une version de And your bird can sing avec
une rythmique piquée aux Byrds, et une version de Taxman
avec des churs différents de ceux de la version
définitive. Au lieu de chanter "Mr Wilson, Mr
Heath", John et Paul chantent "Anybody got a
bit of money ?" |